| DÉCLARATION DE CHARM EL-CHEIKH DU FORUM SUR LA COOPÉRATION SINO-AFRICAINE |
| 2009/11/12 |
Nous, Ministres des Affaires Étrangères et Ministres chargés de la coopération économique de la République Populaire de Chine et de 49 pays africains, sommes réunis les 8 et 9 novembre 2009 à Charm el-Cheikh en Égypte pour la 4e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA). Nous saluons la tenue de la 4e Conférence ministérielle du FCSA sous la direction de Son Excellence le Président de la République Arabe d'égypte Mohamed Hosni Moubarak et de Son Excellence le Premier Ministre de la République Populaire de Chine Wen Jiabao, et en présence de 17 Chefs d'État et de Gouvernement et d'autres dirigeants africains. Conformément au but d'« approfondir le nouveau partenariat stratégique sino-africain pour un développement durable », et à l'occasion du 3e anniversaire du Sommet de Beijing du FCSA, nous avons passé en revue avec satisfaction la mise en œuvre du suivi du Sommet de Beijing, en constatant que les objectifs fixés par le Sommet ont été atteints, et avons examiné les moyens et voies pour approfondir encore davantage les relations sino-africaines dans le nouveau contexte. Nous nous réjouissons de noter que grâce aux efforts conjoints des deux parties, le FCSA ne cesse de se développer depuis sa création il y a neuf ans et fait montre d'un grand dynamisme et d'une puissante vitalité. La réussite du Sommet de Beijing, en particulier, a consacré l'instauration d'un nouveau partenariat stratégique sino-africain caractérisé par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique, l'échange et l'inspiration réciproque sur le plan culturel, marquant ainsi un jalon important dans les annales des relations sino-africaines. Nous tenons à réaffirmer ici l'esprit du Sommet de Beijing, estimant que les principes énoncés par le Sommet guideront longtemps le développement des relations sino-africaines et les orienteront vers un approfondissement continu. Nous sommes d'avis qu'à l'heure actuelle, la situation internationale, globalement stable, traverse pourtant une période complexe et changeante. La récession économique mondiale qui a suivi la crise financière internationale n'est pas encore terminée ; les problèmes planétaires tels que la sécurité alimentaire, l'énergie, le changement climatique ainsi que la prévention et le contrôle des maladies graves, se posent avec une acuité croissante ; les facteurs d'instabilité et d'incertitude dans les domaines politique et économique se multiplient sensiblement. Le changement climatique, en particulier, produit des effets dévastateurs sur de nombreux pays et régions dans le monde et exige une solution immédiate. L'impact de la crise financière sur les pays en développement continue à se propager. À cause de la fragilité des économies africaines, les graves conséquences de cette crise pourraient se faire sentir davantage dans les pays africains qui auront plus de difficultés à réaliser les OMD. Nous estimons que tous les membres de la communauté internationale, notamment les pays développés, devront être particulièrement attentifs aux conséquences fâcheuses causées par la crise aux pays en développement, surtout aux pays africains, et continuer à œuvrer pour les diminuer. À cet effet, les pays développés sont tenus de prendre des mesures efficaces pour honorer leurs engagements en matière d'aide, de réduction des dettes, de promotion et d'augmentation des investissements, d'ouverture du marché et d'accès au marché comme en matière d'aide à la croissance des pays en développement, afin de réaliser le développement durable. Dans ce contexte, nous appelons les pays développés à apporter davantage d'assistance aux pays africains pour la réalisation des OMD. En particulier, nous suggérons que des actions concrètes soient engagées en faveur des pays insulaires, des PMA et des pays enclavés. Pour mieux faire face aux multiples défis et menaces, nous appelons les différents pays à intensifier le dialogue et à se témoigner mutuellement respect et soutien, conformément aux principes du multilatéralisme et de la démocratisation des relations internationales, pour rendre l'ordre international plus juste et plus équitable et pour contribuer au développement harmonieux et à la prospérité partagée du monde. Nous réitérons qu'il convient de renforcer le rôle de l'ONU à travers la réforme et l'augmentation en priorité de la représentation des pays africains au sein du Conseil de Sécurité et des autres institutions de l'ONU. Nous apprécions le soutien apporté par la Chine à la cause africaine de l'équité et de la justice dans les enceintes internationales, notamment au sein de l'Assemblée générale et du Conseil de Sécurité de l'ONU. Nous nous prononçons pour la réforme du système financier international afin de le rendre plus juste, plus équitable, plus inclusif et plus ordonné, et l'augmentation de la représentation des pays en développement en leur donnant davantage voix au chapitre. Nous rejetons toute forme de protectionnisme et sommes pour la préservation d'un environnement d'investissement et de commerce ouvert et libre. Nous continuons à promouvoir les négociations commerciales du Cycle de Doha sur la base de l'observation du mandat de négociation, du maintien de l'Agenda pour le développement et du respect des acquis, et appelons à la conclusion des négociations d'ici 2010 et à la réalisation des objectifs de développement. Les résultats des négociations doivent par ailleurs refléter les intérêts et préoccupations des pays en développement, y compris ceux des pays africains. Nous soulignons particulièrement les besoins urgents des pays africains en matière de renforcement de leurs capacités d'adaptation au changement climatique, et soutenons leurs droits légitimes dans la lutte contre le changement climatique. Vivement encouragés par la croissance soutenue et rapide de l'économie chinoise, les pays africains apprécient les grands efforts déployés par la Chine face à cette crise financière et estiment que ces efforts non seulement contribuent à la stabilité de l'économie mondiale, mais aussi à la reprise et au développement de l'économie africaine. La Chine apprécie hautement les efforts déployés et les acquis réalisés par l'Afrique dans le renforcement de la gouvernance nationale, le règlement des conflits régionaux, la réduction de la pauvreté et la promotion du développement, ainsi que l'accélération du processus d'intégration. En exprimant ses préoccupations à l'égard de la situation difficile dans laquelle se trouve l'Afrique à cause de l'impact de la crise financière internationale, la Chine est d'avis que la communauté internationale ne devra pas négliger la question du développement en raison de la lutte contre la crise. La Chine réaffirme son appui aux pays africains qui s'unissent pour gagner en puissance et œuvrent à résoudre leurs problèmes par eux-mêmes, salue le rôle actif joué à cet égard par les pays africains, l'Union Africaine (UA) et d'autres organisations régionales et sous-régionales, et soutient le processus de l'intégration régionale lancé par les pays africains dans les cadres de l'UA, du NEPAD et des communautés économiques régionales. La Chine et l'Afrique estiment que la coopération sino-africaine, qui s'avère très fructueuse depuis de longues années, a largement profité aux peuples chinois et africains et constitue un bel exemple de la coopération Sud-Sud. Dans le nouveau contexte, pour continuer à approfondir le nouveau partenariat stratégique sino-africain caractérisé par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique et l'échange et l'inspiration mutuelle sur le plan culturel, nous entendons : -Profiter pleinement des mécanismes de consultations aux différents niveaux et par divers canaux, renforcer le dialogue stratégique, élargir le consensus, et approfondir la coopération dans les enceintes multilatérales pour défendre les intérêts communs des pays en développement. -Intensifier les échanges de haut niveau, approfondir la confiance mutuelle sur le plan politique, et renforcer le dialogue et la coopération entre la Chine et l'Afrique sur les affaires d'importance majeure. -Faire preuve de solidarité et d'entraide pour relever ensemble le défi de la crise financière internationale et rendre irréversibles les efforts de l'Afrique visant à réaliser les OMD. -élargir les avantages mutuels et élever le niveau de la coopération pragmatique sino-africaine. Nous allons encourager et promouvoir le commerce sino-africain et les investissements mutuels, diversifier les formes de coopération, et renforcer la coopération dans les domaines prioritaires tels que la réduction de la pauvreté, la protection de l'environnement, la formation, la construction des capacités et les technologies d'information et de communication, et notamment dans les domaines cruciaux tels que les infrastructures, l'agriculture et la sécurité alimentaire. -Multiplier les échanges et approfondir la coopération culturelle et humaine entre la Chine et l'Afrique. Nous allons intensifier les échanges dans les domaines culturel, éducatif, technico-scientifique, sanitaire, sportif, touristique et autres, multiplier les contacts entre les jeunes, les femmes, les organisations non gouvernementales, les médias et les institutions académiques, pour ainsi renforcer la connaissance mutuelle et l'amitié entre les peuples chinois et africains. -Renforcer la coordination et promouvoir ensemble la construction et le développement durable du FCSA. Conformément aux besoins de la Chine et de l'Afrique, et en fonction de l'évolution de la situation, nous allons perfectionner sans cesse le mécanisme du Forum, enrichir son contenu, fixer des objectifs réalistes, valoriser pleinement le rôle d'orientation du Forum dans les relations sino-africaines, et assurer la mise en œuvre des actions de suivi du Forum. -La Chine s'engage à augmenter, dans la mesure de ses possibilités, ses aides à l'Afrique, à annuler ou réduire les dettes des pays africains, à accroître ses investissements en Afrique, à ouvrir davantage son marché et à renforcer la coopération pragmatique sino-africaine. -Les pays africains apprécient les engagements de la Chine et entendent renforcer la concertation et l'échange d'expériences avec la Chine pour s'efforcer d'atténuer le choc et les impacts de la crise financière sur l'économie africaine. -Les pays africains réaffirment leur attachement au principe d'une seule Chine et leur soutien à la réunification pacifique de la Chine. Dans l'esprit de cette Déclaration, nous avons élaboré et adopté le Plan d'Action de Charm el-Cheikh (2010-2012) du Forum sur la Coopération sino-africaine. Nous exprimons nos félicitations pour les fruits abondants et le plein succès de cette Conférence. |
