| Le président Wade veut un "China Town" au Sénégal |
| 2006-11-03 |
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DAKAR, 3 novembre (XINHUA) -- Le président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a déclaré vendredi que son pays est convenu de concéder à la Chine un grand espace pour lui permettre de construire un China Town, lors d'une interview qu'il a accordée à l'Agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle).
A bord de son avion vers la capitale chinoise où il prendra part au Sommet Chine-Afrique du 4 au 5 novembre, le président Wade a expliqué que des China Towns existent en Amérique et en France et que cela n'a jamais gêné ces pays. "Je ne vois pas pourquoi cela gênerait le Sénégal. Celui qui veut acheter des produits chinois ou manger dans un restaurant chinois pourra aller dans cette agglomération mais personne n'oblige personne à le faire", a-t-il indiqué. "Il ne faut pas que les Africains se trompent et se laissent pousser vers la xénophobie. Nous sommes dans un monde de liberté d'échanges, dans une société marquée par la mondialisation. Les Sénégalais aussi sont en Chine ou ils ont la liberté d'exercer le commerce, mais il est évident que si je voulais envoyer 3 ou 4 millions de Sénégalais en Chine, cela poserait des problèmes aux Chinois. Tout est donc dans le sens de la mesure et dans la maîtrise des flux que nous déclenchons", a-t-il ajouté. "J'arrive de France et des Etats-Unis, mais partout on nous dit, en substance, que la Chine va envahir l'Afrique et surtout noyauter notre commerce et nos faibles industries en déversant sur notre continent ses milliers de produits "à bas prix". J'ai répondu à mes interlocuteurs que nous ne sommes pas des enfants de choeur et que nous savons que tous les pays défendent leurs intérêts; mais nous ne pouvons pas douter un seul instant que la Chine ignore que l'Afrique a refusé, au lendemain des indépendances, d'être le dépotoire de l'Europe ou de l'Amérique pour devenir un souk réduit au commerce sans aucune industrialisation", a souligné le président Wade. Et d'ajouter : "Ce principe est valable pour la Chine. Nous développons notre commerce avec la Chine, mais sans pour autant laisser écraser notre industrie pour renvoyer à l'inactivité nos milliers de commerçants". "Au Sénégal, il y a eu une levée de boucliers de commerçants sénégalais contre les commerçants chinois dans les quartiers. Nous avons fait remarquer que c'est en toute connaissance de cause que le gouvernement a accepté ces personnes qui détenaient des titres de séjour légaux et des autorisations d'exercer le commerce. Jusqu'à ce niveau, il n'y a pas de problème. Mais il est évident que si le nombre de Chinois devant augmenter sensiblement pour ce grand pays qui compte un milliard 300 millions d'habitants, cela poserait problème. Mais les autorités chinoises en sont tout aussi conscientes que nous", a noté le chef de l'Etat sénégalais. A ce sujet, le président Wade s'est dit favorable à une zone franche où les Chinois pourraient construire des industries ou déposer des produits pour l'exportation en dehors du Sénégal. "On consent de telles mesures à d'autres pays; alors je ne vois pas pourquoi les refuser aux Chinois. Au total, je ne crains pas que certains appellent une invasion chinoise", a-t-il dit. "Il y a plus d'un demi-siècle, on parlait déjà du 'péril jaune'. On ne l'a jamais vu. On ne le verra pas en Afrique. Une certaine propagande veut simplement créer chez nous des réflexes négatifs de peur, mais les Africains sont majeurs et savent ce qui est bon pour eux et ce qui ne l'est pas. La coopération chinoise est la bienvenue. Elle est rapide et efficace", a souligné le président Abdoulaye Wade en conclusion. |

