| La presse burkinabé salue le sommet Chine-Afrique |
| 2006-11-09 |
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OUAGADOUGOU, 8 novembre (XINHUA) -- La presse burkinabé dans son ensemble a salué le forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui a regroupé les 4 et 5 novembre derniers à Beijing une quarantaine de chefs d'Etat africains.
Rappelant que ce forum est vieux de six ans, le quotidien d'Etat "Sidwaya" écrit que la coopération avec la Chine, cette puissance démographique avec son 1,3 milliard d'âmes doublée d'une grande puissance économique en devenir, est une donnée avec laquelle il faut bien compter. Le journal explique que la Chine est devenue par la force des choses, la destination normale de l'Afrique, car les Africains se disent déçus de la "coopération"avec les pays occidentaux et les institutions financières internationales qui, au fil des années, les a endettés et même appauvris. "Sidwaya" se dit déçu que les nombreuses "aides" que les pays africains ont reçues au lieu de les aider à ne plus en avoir besoin, les ont plutôt entraînés dans le cercle vicieux sinon de l'asservissement du moins de la dépendance. C'est pourquoi, le journal salue la Chine d'avoir déjà annulé 1, 5 milliard de dollars de prêts de 31 pays d'Afrique où elle a investi 6 millions de dollars et installé 800 entreprises. "La Chine a également annoncé à la rencontre du FOCAC de la semaine dernière, qu'elle accordera 3 milliards de dollars de prêts à l'Afrique", s'est-il réjoui. En plus des objectifs économiques, le journal trouve que la campagne chinoise en Afrique vise aussi à écarter et isoler Taïwan dont elle continue à réclamer ce qu'elle appelle sa réintégration à la mère-patrie. Si les choses "bougent" dans ce pays immense et peuplé, le quotidien de service public estime que c'est parce que les Chinois, tout comme d'ailleurs les Asiatiques, travaillent sans relache. "La première des leçons à retenir pour nous Africains, c'est que les Chinois qui ne parvenaient pas à se nourrir, il y a 50 ans, ne font pas de miracles. Comme les Chinois, les Africains doivent travailler, encore travailler, toujours travailler", a-t-il fait remarquer. Le quotidien privé "L'Observateur Paalga" quant à lui, salue également la coopération Chine-Afrique marquée par la signature d'accords commerciaux, de finalisation de projets d'investissement, de réduction de la dette, d'accords de prêts et de crédits pour la construction d'écoles et d'hôpitaux, la formation de 15 000 Africains. Insistant sur le développement combiné du président Hu Jintao sans lequel il n'y aura point de paix et de développement globaux, le journal explique que la tentation est grande pour les chefs d'Etat africains de faire le pèlerinage de Beijing. Sous le titre "Sommet Chine-Afrique : Des liaisons compatibles qui fascinent, mais qui font peur", l'hebdomadaire "San Finna" écrit qu'en contrepartie de telle offre, les Africains ne peuvent que de plus en plus privilégier la coopération avec la Chine. "Cela permettra qu'elle (Chine) exploite ses matières premières qu'elle s'investisse dans les travaux publics d'autant que dans les perspectives de coopération, il est prévu une politique de formation des Africains aux techniques chinoises", a-t-il fait remarquer. Pour le journal, cette liaison repose sur des compatibilités, car les techniques chinoises sont plus adaptées au substrat social et économique des pays africains qui y adhèrent facilement et en général leur mise en oeuvre simplifiée est adaptée aux besoins des Africains. La Chine comme l'Afrique, explique le journal a vécu les rigueurs et les humiliations de la colonisation, c'est pourquoi il y a ici comme un rapprochement naturel d'avoir vécu ensemble ces douloureuses épreuves. Pour "San Finna", l'ambition des Chinois, c'est de permettre que ceux qui ont vécu comme la colonisation et qui n'arrivent toujours pas à décoller, puissent avec leur aide le faire. Ce geste, a souligné le journal, c'est pas par intérêt mais par reconnaissance de l'aide que l'Afrique lui a apporté pour accéder à sa place légitime et naturelle de membre permanent du Conseil de sécurité. Qualifiant les relations Chine-Afrique de tonitruantes, le journal écrit que l'Europe et les Etats-Unis commencent à avoir un regard langoureux sur l'Afrique dont ils ont autant besoin que la Chine de ses ressources énergétiques et autres qu'elle recèle. "Que vont-ils (occidentaux) décider"? s'interroge "San Finna" qui laisse entrevoir des possibilités de revenir à la surenchère de type "guerre froide" comportant des risques de déstabilisation et d'utilisation de la vieille recette des guerres par procuration. |

