| Sénégal: Lu Shaye - «Le pays est assez mûr pour bien gérer la présidentielle de 2012 » |
| 2012/01/03 |
A seulement 47 ans, Lu Shaye, directeur général Afrique du ministère chinois des Affaires étrangères, a une belle carrière. En 2006, lorsque le Sénégal avait rétabli ses relations avec son pays, il avait été nommé ambassadeur à Dakar. Dans un entretien accordé à un groupe de journalistes africains en visite en Chine, à la fin du mois d'octobre dernier, il avait évoqué le principe de «non ingérence» de la Chine dans les affaires des autres Etats. Selon lui, le peuple sénégalais est assez mûr pour bien gérer le scrutin du 26 février 2012. Le directeur général du département Afrique du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Shaye, a servi comme diplomate dans des capitales comme Dakar et à Paris. Il maîtrise bien le français, même s'il préfère s'exprimer dans sa langue. Ce natif de la ville de Nankin est désormais le «Monsieur Afrique» de la diplomatie chinoise. En fin octobre dernier, entouré de son staff, il a reçu un groupe de 25 journalistes francophones africains en visite en Chine. Depuis son retour en Chine, en 2009, après près de quatre années passées à Dakar, il pilote avec discrétion les dossiers concernant la coopération avec les pays africains. Au cours de la discussion, il a insisté sur les points forts de la coopération sino-africaine et a mis l'accent sur le principe de non ingérence qui caractérise la politique extérieure de son pays. Interrogé sur la présidentielle du 26 février 2012 au Sénégal, il a eu cette réponse : «Cette élection relève des affaires intérieures du Sénégal, et la Chine n'enverra pas d'observateurs pour les superviser. Le peuple sénégalais est assez mûr pour bien gérer ce scrutin». M. Shaye a estimé que son pays ne se positionne jamais comme un donneur de leçons envers d'autres Etats. «Nous n'imposons pas notre vision et évitons d'interférer dans les affaires intérieures de nos partenaires. Notre coopération n'est liée à aucune condition», rappelle-t-il. Concernant la coopération chinoise au Sénégal, il a mis en exergue le secteur de l'énergie qui a bénéficié d'un appui consistant ayant permis de résorber progressivement le déficit dans ce domaine. «La première tranche de renforcement du réseau électrique est achevée et nous allons bientôt lancer la deuxième phase», révèle-t-il. Evoquant les liens entre son pays et le continent africain, il a estimé que la presse chinoise doit être mieux implantée dans le continent afin de le présenter positivement. «Les journaux, radios et télévisions africains doivent aussi contribuer à faire découvrir la Chine. Il nous faut sortir du prisme déformant des médias occidentaux», explique-t-il. Selon lui, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme de communication directe entre ces deux zones du globe si éloignées, mais qui, depuis des décennies, entretiennent d'étroites relations. Parmi les récentes actions de la Chine en Afrique, Lu Shaye a cité l'aide de plus de 443 millions de yens allouée aux populations de la Corne de l'Afrique en proie à la famine. «Les assistances alimentaires chinoises ont été les premières à parvenir à ces sinistrés», explique cet homme pragmatique qui symbolise la nouvelle génération de dirigeants chinois, fiers de leur culture et traditions millénaires, mais très ouverts aux autres civilisations... Source : allAfrica.com |
