| Seuls les modèles africains s'adaptent à l'Afrique |
| 2009/12/14 |
Par Shu Yunguo, directeur du Centre de recherches sur l’Afrique Par le NEPAD, les pays africains ont en fait corrigé les erreurs commises dans le passé de copier tels quels les modèles de développement de l’extérieur. La pratique faite dans les quelques dernières années a prouvé que ce projet a obtenu des succès progressivement. En 2004, dans son article publié au site web du «Foreign policy center», Joshua Cooper Ramo, l’éditeur supérieur du «Times» et conseiller expérimenté de Goldman Sachs, a nommé le modèle de développement chinois «Consensus de Beijing» et il croyait que ce modèle chinois a une valeur universelle, qui pourrait inspirer les autres pays en développement y compris les pays africains. Dès lors, cette théorie a enrichi une polémique dans le monde sur le Consensus de Washington et le Consensus de Beijing, dont un débat porté sur les pays africains : est-ce qu’ils doivent s’inspirer du Consensus de Beijing, ou bien continuer à suivre le Consensus de Washington? En effet, ça fait déjà des fois que les pays africains ont essayé de copier les modèles de développement venant de l’extérieur depuis leur accès à l’indépendance. Au lendemain de l’indépendance, au niveau du système politique, les pays africains ont pour la plupart copié les systèmes des anciennes métropoles. Pourtant, dans ces pays, il n’existait pas de système de service civil, ni de système économique, ni de système démocratique nécessaires sur lesquels était bâti ce premier en Occident. Ainsi, les vagues de coups d’État ont-ils prouvé que cette pratique ne menait nulle part. Depuis le milieu des années 1960, les pays africains faisaient face au problème du développement socio-économique. Pour cela, une partie des pays ont imité les pays occidentaux et opté pour l’économie de marché; et les autres ont plutôt appris sur le modèle soviétique, pour adopter l’économie planifiée. La crise économique qu’a connue le continent africain vers la fin des années 1970 a annoncé qu’aucun de ces 2 modèles n’était approprié aux pays africains. Dans les années 1980, les pays africains, dans le but de se débarrasser de la crise économique, étaient obligés d’accepter le réajustement structurel, solution unifiée imposée par la Banque mondiale et le FMI. Cette solution ayant comme exemple le fonctionnement de l’économie occidentale, a manifesté une très mauvaise acclimatation en Afrique. Les années 1980 où l’économie africaine a stagné, étaient donc appelées par les économistes la «décennie perdue pour le développement ». La Commission Économique pour l’Afrique de l’ONU a pour autant indiqué que «jusqu’ici, on entend souvent par la transformation de la société et de l’économie une modernisation socio-économique visant à copier la structure de production, de consommation et de système. L’Afrique a besoin d’une nouvelle conception de transformation qui illustre sa réalité et son avenir.» Limitée par sa condition géographique, l’Afrique subsaharienne avait peu d’échanges avec l’extérieur avant le 15e siècle. Le développement de l’Afrique dans une telle situation fermée a façonné une forme de développement socio-économique qui est différente non seulement de celle en Asie, mais aussi de celle en Amérique latine. Par exemple, les essentielles organisations de société sont des clans et des tribus; la part dominante de l’économie est l’économie naturelle fermée sur l’extérieur; et la culture est principalement la culture racontée, etc. Depuis le 15e siècle, à cause de l’invasion des puissances occidentales, presque tout le contient africain était réduit en état de colonie. Cela a interrompu le processus historique de développement autonome de l’Afrique. L’exploitation et le pilage colonialistes impitoyables ont rendu la socio-économie africaine si retardée que les pays africains sont appelés les pays en voie de développement des pays en voie de développement. Il s’ensuit que la situation des pays africains est très différente que celle des autres pays du monde, et que ni les modèles de développement américain ou européen, ni les modèles des autres pays en développement ne sont des remèdes adaptées pour les maux africains. Ceci est déjà prouvé à maintes reprises par l’histoire de l’Afrique. Au terme d’une réflexion douloureuse, les pays africains sont déterminés à se frayer une voie qui leur est propre. À l’avènement du nouveau siècle, l’Afrique du Sud, la Nigéria, l’Algérie, le Sénégal et l’Égypte ont élaboré en commun un plan de renouveau pour l’Afrique, intitulé nouvelles initiatives africaines. En 2001, ce plan adopté par le sommet des pays africains, a été renommé «NEPAD» (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique). En 2002, il a été désigné comme programme du développement socio-économique pour l’Union Africaine. Le NEPAD est en fait le premier programme que les pays africains ont élaboré de façon autonome et en tenant compte de la situation de l’Afrique, pour planifier d’ensemble les objectifs du développement politico-socio-économique. Par rapport aux plans de développement élaborés dans le passé, le NEPAD insiste sur le fait que les pays africains, au lieu de compter sur le monde extérieur pour chercher un développement, doivent plutôt compter sur leurs propres forces. «The hopes of Africa’s peoples for a better life can no longer rest on the magnanimity of others», indique le plan, et les africains doivent plutôt «shape our own destiny». Le «development is a process of empowerment and self-reliance. Accordingly, Africans must not be wards of benevolent guardians; rather they must be the architects of their own sustained upliftment. ». À cet effet, au niveau de l’extérieur, le plan est déterminé de transformer les relations internationales inégales. Il a réitéré de « call for a new relationship of partnership between Africa and the international community, especially the highly industrialized countries ». Au niveau de l’intérieur, le plan insiste à compter sur la confiance en soi et sur la participation active des mass populaires. Le plan indique que « the struggle they would be waging will be successful only if our peoples are the masters of their own destiny». Le NEPAD est en fait un programme de développement que les dirigeants africains ont élaboré en dressant le bilan des expériences et leçons historiques. Il a corrigé les erreurs commises dans le passé en copiant les modèles de développement extérieurs tels quels. Une fois lancé, le programme a été accueilli favorablement par la communauté internationale en général et par la Chine en particulier. L’application du programme dans les dernières années ainsi que la situation du développement socio-économique des pays africains dans ces années a prouvé que le plan est en train d’obtenir des résultats. Pourtant, il y a encore des difficultés, par exemple, l’instabilité politique dans certains pays et l’impact donné sur les pays africains par le changement de la situation économique à l’extérieur (la toute récente crise financière, etc.). Par conséquent, concernant le développement de l’Afrique, il nous faut non seulement de la confiance, mais aussi de la patience. |
