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Allocution du Président chinois Jiang Zemin à la cérémonie d'ouverture de la 1ère Conférence ministérielle

 

Voici le texte intégral de l'allocution prononcé par le Président chinois Jiang Zemin, sous le titre « Pour une coopération sino-africaine plus solidaire à l'approche d'un siècle nouveau », à la cérémonie d'ouverture du Forum sur la Coopération sino-africaine--conférence ministérielle 2000 Beijing", tenue le 10 octobre 2000 :

Respecté Monsieur le Président Gnassingbé Eyadéma,

Respecté Monsieur le Président Abdelaziz Bouteflika,

Respecté Monsieur le Président Frederick Jacob Titus Chiluba,

Respecté Monsieur le Président Benjamin William Mkapa,

Respecté Monsieur le Secrétaire Général de l'OUA Salim Ahamed Salim,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

En ce mois d'octobre aux splendeurs automnales, nous nous trouvons joyeusement réunis à Beijing, dans le cadre du "Forum sur la Coopération sino-africaine -- Conférence ministérielle 2000". C'est là un évènement sans précédent dans les annales des relations sino-africaines. Au nom du gouvernement et du peuple chinois ainsi qu'en mon nom propre, je voudrais souhaiter une chaleureuse bienvenue à nos honorables invités venus de loin et représentants différents pays. Je tiens également à exprimer mes sincères félicitations pour l'ouverture réussie de cette Conférence.

La Chine est le plus grand pays en développement du monde tandis que le Continent africain regroupe, pour sa part, le plus grand nombre de pays en développement. Arrivée aujourd'hui à la charnière de deux siècles, de deux millénaires, l'Histoire apporte à la Chine comme à l'Afrique les chances d'un progrès plus significatif et place toutes les deux devant des défis jamais vus. Qu'en cet important moment historique, elles étudient à fond les moyens de renforcer leur coopération en vue d'un développement commun, cela exercera sûrement une grande influence, aussi profonde que durable, sur le développement des relations sino-africaines tout au long du siècle prochain, l'impulsion de la coopération Sud-Sud et la promotion de l'avènement d'un nouvel ordre politique et économique international qui soit juste et rationnel.

Au cours du 20e siècle, la Chine et l'Afrique ont connu des changements immenses. Les peuples chinois et africains ont lutté sans fléchir et avancé par vagues successives à la conquête de l'indépendance et de la liberté nationale et pour réaliser la paix et le développement. Ils ont remporté, dans le cadre du progrès historique de leurs pays respectifs, des succès grandioses, qui ont polarisé l'attention mondiale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, ils ont combattu vaillamment sur leurs fronts respectifs et apportés une contribution de poids à la victoire finale de la guerre antifasciste sur le globe.

Après avoir brisé le joug de la domination coloniale plusieurs fois séculaire, les peuples africains ont conquis la libération nationale et accédé à l'indépendance de leurs Etats; et par la suite, ils ont accompli des progrès réjouissants en matière de développement socio-économique.

Le peuple chinois, de son côté, a renversé les trois grandes montagnes: l'impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, et il a proclamé la République populaire de Chine, dont il est le maître. Il s'est frayé étape par étape une voie de développement consistant à édifier un socialisme aux couleurs chinoises, dans laquelle il avance aujourd'hui de victoire en victoire.

De l'histoire du siècle passé, nous pouvons tirer la conclusion suivante: Les peuples de Chine et d'Afrique, farouchement attachés à leur indépendance nationale et profondément épris de la paix, aspirent au développement et représentent des forces importantes militant pour le maintien de la paix mondiale et la promotion d'un développement partagé. Si la cause du développement a pu progresser sensiblement sur notre planète et que les forces de la paix dans le monde aient gagné en puissance sans cesse, c'est justement parce que tous les peuples du monde, peuples chinois et africains inclus, ont oeuvré sans relâche dans ce sens.

A l'heure actuelle, le monde évolue vers la multipolarité, et la situation internationale, dans son ensemble, poursuit son cours vers la détente. Avec un essor fulgurant des sciences et technologies modernes, centré sur celles de l'information et de la vie, ainsi qu'avec une mondialisation économique de plus en plus poussée, la coopération et les échanges entre les différents pays s'amplifient toujours davantage. Par conséquent, la noble cause de la paix et du progrès offrent des perspectives radieuses pour l'humanité.

Pourtant, le développement est très déséquilibré à travers le monde. L'hégémonisme et la politique du plus fort continuent de sévir. Les pays en développement se trouvent toujours confrontés à une tâche ardue, celle de préserver la souveraineté, la sécurité et les intérêts de l'Etat. Les disparités entre le Nord riche et le Sud pauvre ne cessent de s'aggraver. Pis encore, leur écart en matière scientifique et technologique s'élargit vite, faisant apparaître un fameux "fossé numérique" fort inquiétant. Dans certains pays en développement, la persistance de la pauvreté et du sous-développement, l'implication de divers facteurs extérieurs ainsi que l'exaspération des contradictions latentes d'ordre ethnique, religieux et social entraînent des conflits et troubles de guerre fréquents, compromettant gravement leur stabilité et leur progrès.

Cet état de choses tient essentiellement au fait que l'actuel ordre politique et économique international recèle beaucoup d'injustices et d'irrationalités, défavorables au règlement de la question de la paix et du développement dans le monde, à la stabilité et au progrès de nombreux pays en développement.

L'instauration d'un nouvel ordre politique et économique international juste et rationnel en ce moment où l'humanité s'apprête à franchir le seuil du nouveau siècle, est donc un impératif de notre temps qui va de l'avant, un appel lancé en commun par tous les peuples du monde. Faisons preuve de sagesse et de courage, travaillons dans l'unité et avançons côte à côte pour contribuer à l'avènement de ce nouvel ordre et à la noble cause de la paix et du développement de l'humanité!

Les Cinq Principes de coexistence pacifique, les Buts et Principes de la Chartes des Nations Unies, les Principes et l'Esprit de la Charte de l'OUA ainsi que les autres normes du droit international universellement reconnues sont autant d'éléments qui doivent constituer la base politique du nouvel ordre international. En veillant à dégager en premier lieu un consensus général des peuples du monde, il convient d'établir, compte tenu de l'évolution et des changements du monde, de nouveaux principes reflétant l'esprit de notre temps.

Le nouvel ordre politique et économique international doit garantir aux divers pays le droit de jouir de l'égalité en droits souverains et celui de gérer leurs affaires intérieures à l'abri de toute ingérence. S'agissant de la sauvegarde de la paix mondiale, il est d'une importance capitale que tous les pays, qu'ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, nantis ou déshérités, respectent mutuellement la souveraineté et l'indépendance. Chaque pays est en droit de déterminer sa voie et son mode de développement en fonction de ses réalités nationales. Aucun pays n'a le droit d'imposer aux autres son système social et son idéologie, et encore moins de les accuser à tort et à travers pour ce qui est de leurs affaires intérieures. Les opérations de maintien de la paix doivent se conduire dans le strict respect des principes fondamentaux, tels que l'accord des parties concernées, la neutralité, le non-recours à la force sauf en cas d'autodéfense et l'obtention d'un mandat accordé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies; elles doivent avoir toujours pour but de préserver la paix, et non dégénérer en un moyen de s'assurer des intérêts égoïstes.

Le nouvel ordre politique et économique international doit garantir aux divers pays le droit de participer, sur un pied d'égalité, aux affaires internationales. Comme les peuples de partout constituent la principale force motrice du développement mondial, il faut qu'ils prennent part ensemble à la gestion du monde. Il faut promouvoir la démocratisation des relations internationales, régler les problèmes internationaux par voie de consultations et relever en commun les défis auxquels est confronté le genre humain. L'évolution vers la multipolarité politique favorise la démocratisation des relations internationales. L'Organisation des Nations Unies doit être renforcée pleinement dans son rôle positif. Parallèlement, les pays en développement ainsi que les organisations internationales et régionales qui les regroupent doivent occuper une place plus importante et jouer un rôle accru.

Le nouvel ordre politique et économique international doit assurer aux différents pays, surtout aux nombreux pays en développement, le droit à un développement égal. Aider ces derniers à développer leur économie revêt une importance cruciale pour la préservation d'une paix durable et la réalisation d'un progrès partagé dans le monde. Les pays développés se doivent d'alléger et annuler effectivement les dettes des pays en développement, de les aider à se doter d'une capacité d'auto-développement et à intensifier la mise en valeur des ressources humaines, et de travailler à une réduction progressive de l'écart entre le Nord et le Sud sur les plans économique, scientifique, technique et autres, en se gardant de chercher uniquement à obtenir de la part des pays en développement ressources, marchés et profits. La communauté internationale doit prendre des mesures plus actives et plus efficaces pour réformer le système économique, commercial et financier international et protéger réellement les droits et intérêts légitimes des pays en développement.

Le nouvel ordre politique et économique international doit garantir à toutes les nations et à toutes les civilisations le droit de réaliser un développement commun. Nous vivons dans un monde à mille facettes. Etant donné que les divers pays du monde diffèrent les uns des autres par leurs histoires, leurs cultures et leurs voies de développement, il existe naturellement des différences entre les nations et les civilisations, dont chacune possède d'ailleurs des points forts. C'est là la raison principale pour laquelle notre monde est plein de vitalité. Respecter la diversité du monde, c'est la seule approche qui permet aux différentes nations et civilisations de coexister dans l'harmonie, d'apprendre les unes auprès des autres, de s'inspirer mutuellement et de mieux mettre en valeur leurs points forts à la faveur de leur entraide. Les nations et les civilisations doivent progresser et s'épanouir ensemble sur la base des principes du respect mutuel, du traitement d'égal à égal et de la recherche des terrains d'entente par delà les divergences. Les différences et les dissemblances doivent se transformer en forces d'impulsion permettant d'amener un développement commun. C'est ainsi seulement que dans le jardin mondial des civilisations, cent fleurs pourront rivaliser d'éclat et de splendeur.

L'instauration d'un nouvel ordre politique et économique international juste et rationnel ne peut se faire du jour au lendemain; bien au contraire, il y a tout un processus à suivre. Pourvu que toute la communauté internationale, y compris la Chine et l'Afrique, oeuvre dans ce sens, un nouvel ordre politique et économique international répondant pleinement aux aspirations des peuples de partout sera sûrement établi dans le monde.

Mesdames et Messieurs,

La Chine et l'Afrique sont deux berceaux de civilisations antiques du genre humain; leurs histoires et leurs cultures respectives très anciennes constituent des composantes importantes de la civilisation mondiale.

Les dirigeants chinois des générations précédentes, comme Mao Zedong, Zhou Enlai et Deng Xiaoping, et les précurseurs du mouvement de libération nationale du Continent africain ont noué et cultivé ensemble une grande amitié entre la Chine et l'Afrique. Cette amitié repose sur une base solide. Au cours du demi-siècle écoulé, les hauts dirigeants des deux parties ont échangé des visites fréquentes, tandis que l'amitié entre les peuples chinois et africains s'est resserrée chaque jour davantage. Dans les affaires internationales, la Chine et l'Afrique ont toujours fait preuve de compréhension et de respect mutuels; elles se sont constamment témoigné l'une à l'autre sympathie et soutien. Elles ont mené, sur la base de l'égalité et des avantages réciproques, une coopération fructueuse dans les domaines politique, économique, commercial, technico-scientifique, culturel, éducatif, sanitaire, sportif, social et autres. Tout au long de leur coopération amicale, la Chine et l'Afrique ont élaboré, en matière de gestion des relations internationales, bien des principes importants qui dénotent une grande vitalité.

Pour promouvoir l'instauration d'un nouvel ordre politique et économique au profit de l'émergence d'un monde meilleur où vivront nos générations futures, je propose que la Chine et l'Afrique continuent de travailler conjointement dans les domaines suivants:

1. Renforcer la solidarité et promouvoir activement la coopération Sud-Sud. La coopération Sud-Sud est un moyen essentiel permettant aux pays en développement d'affronter les changements de la situation internationale et les défis de la mondialisation, car elle les aide à valoriser pleinement leurs atouts en matière de ressources naturelles et humaines, à mobiliser à fond leurs potentialités technico-scientifiques de même que leurs capacités de production respectives et à se compléter mutuellement en vue d'un progrès partagé. L'accroissement de leur capacité d'auto-développement ainsi que de leur puissance globale constituent pour eux le gage fondamental d'un développement accéléré.

2. Favoriser le dialogue et oeuvrer à l'amélioration des rapports Nord-Sud. La prospérité mondiale est indissociablement liée à l'essor des pays en développement, alors que le progrès de l'humanité implique les efforts conjugués de toutes les nations sur notre planète. Les pays développés et les pays en développement doivent dialoguer, se débarrasser des préjugés, rechercher les terrains d'entente par delà les divergences et se respecter les uns les autres. Les pays développés se doivent de prendre pleinement en considération et garder à coeur les intérêts des pays en développement, réduits à une faible position, d'intensifier le flux financier et le transfert technologique en faveur de ces derniers qui, de ce fait, pourront mieux réaliser un développement autonome. Diminuer l'écart de développement Nord-Sud et améliorer leurs relations politiques et économiques, cela revêt une importance fondamentale pour l'instauration d'un nouvel ordre politique et économique international juste et rationnel.

3. S'animer de l'esprit d'entreprise et participer sur un pied d'égalité aux affaires internationales. La Chine et les pays africains doivent renforcer leur concertation, leur coordination et leur coopération sur les plans tant bilatéral que multilatéral, participer activement à la gestion des affaires internationales et à l'élaboration des normes en la matière, promouvoir la réforme des systèmes politique, économique, financier et commercial internationaux, de façon à mieux faire entendre dans le monde la voix des pays en développement et à créer un environnement international équitable et à défendre effectivement leurs droits et intérêts légitimes.

4. S'orienter vers l'avenir et établir un partenariat sino-africain d'un type nouveau, stable, durable, marqué par l'égalité et mutuellement avantageux. Le resserrement des liens d'amitié et de coopérations entre la Chine et l'Afrique répond aux intérêts de leurs peuples, en même temps qu'il va dans le sens de l'évolution du monde vers la paix et le développement. Il convient d'approfondir notre compréhension et notre confiance mutuelles par voie d'échanges multiples, notamment des contacts directs entre les hauts dirigeants des deux côtés; il y a lieu de prendre toutes sortes de mesures propres à exploiter davantage les potentialités de la coopération sino-africaine dans les domaines économique et commercial et d'en identifier des méthodes et champs d'action nouveaux, pour édifier progressivement une nouvelle architecture de rapports économiques et commerciaux, réciproquement avantageux et favorables au développement commun des deux parties; il faut enfin travailler à l'amitié sino-africaine à tous les niveaux en s'appuyant sur une mobilisation générale, notamment sur la sensibilisation des jeunes à cet égard, afin de pérenniser de génération en génération l'amitié traditionnelle sino-africaine.

Mesdames et Messieurs,

L'instauration d'un nouvel ordre politique et économique international juste et rationnel est une entreprise merveilleuse au bénéfice de toute l'humanité. Pour y parvenir, le chemin est certes sinueux, mais l'avenir, radieux. Forts de notre volonté unanime et poursuivant sans relâche nos efforts associés, nous saurons certainement atteindre notre grandiose objectif commun et réaliser la noble cause à laquelle nous oeuvrons tous ensemble.

Je vous remercie.

 

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