Une pédagogie chantante favorise l'apprentissage du chinois par les étudiants tchadiens (REPORTAGE)

Source:Xinhua 2021-10-08

  Appelant ses étudiants première année à "étudier dur", Li Liang, professeur de chinois, bat la mesure. Un chant retentit alors dans l'amphithéâtre lumineux du département de chinois de l'Université de N'Djamena. Près de 50 étudiants tchadiens battent des mains ou frappent la table, chantant en rythme les paroles qu'ils doivent apprendre.

  Cette leçon de chinois oral intitulée "Guider les nouveaux étudiants" a été créée par ses soins. Depuis qu'il a réformé la pédagogie du chinois oral en 2019 à l'aide de la "méthode chantante", les étudiants ont réussi à apprendre plus de 100 chansons et à maîtriser environ 900 vocables chinois.

  En septembre 2018, M. Li, alors enseignant le chinois en Afrique depuis dix ans, est venu au Tchad pour assumer le poste de professeur de chinois oral à l'Université de N'Djamena. Agé aujourd'hui de 52 ans, il essaie de faire apprendre cette langue aux débutants avec des chansons chinoises.

  L'adaptation du vocabulaire, des modèles de phrases et de certains points grammaticaux en paroles et l'utilisation de chansons folkloriques chinoises traditionnelles sont ses principaux moyens de composer des chansons. Afin d'intéresser les étudiants, le doyen du département de chinois a continué d'innover, non seulement en s'inspirant de l'opéra traditionnel chinois, mais également en créant des accompagnements musicaux pour 30% des chansons enseignées.

  Devant la bonne réponse des étudiants, ce mode pédagogique s'est également poursuivi du cours oral élémentaire au niveau intermédiaire.

  "Les comptines et les chansons populaires chinoises originales sont bonnes, mais elles ne conviennent pas aux débutants, car beaucoup de vocabulaire dépasse leur niveau de compréhension, ce qui peut affecter la motivation des étudiants", a indiqué M. Li dans une interview à Xinhua, ajoutant que ses chansons, conformes au niveau réel des étudiants, étaient faciles à absorber.

  Cet enseignant chevronné estime que l'apprentissage du chinois par le chant a depuis longtemps existé dans la Chine ancienne. "Le Classique des vers" et "Les trois cents poèmes des Tang", qui pouvaient être chantés avec de la musique, étaient autrefois des manuels de chinois.

  "Un enseignement chantant avec beaucoup d'émotion et d'énergie est plus efficace que la lecture et la récitation à haute voix; l'utilisation intensive de chansons folkloriques chinoises comme la musique d'accompagnement permet aux étudiants d'apprécier le charme de la culture traditionnelle chinoise; la progression du chinois oral favorise la lecture et l'écriture, ce qui stimule l'amélioration des capacités globales", a fait remarquer Li Liang.

  Le département de chinois de l'Université de N'Djamena a été lancé en 2013 avec une durée d'études de trois ans. En raison de la faible base d'enseignement du chinois, seuls 17 étudiants dans la deuxième promotion ont obtenu leur diplôme et personne n'a réussi le niveau 4 du test d'évaluation (HSK 4).

  Depuis son arrivée jusqu'en juillet dernier, M. Li n'accompagnait que les étudiants de la troisième promotion. Affectée par le nouveau coronavirus et l'instabilité politique au Tchad en avril dernier, la présence des étudiants n'a duré que 18 mois, mais grâce à l'enseignement oral du chant, 47 étudiants ont obtenu leur diplôme avec succès, et onze étudiants ont réussi le HSK 4.

  Parmi eux figure Franco Allaramadji. Agé de 23 ans, ce stagiaire chez le groupe chinois de services pétroliers SPT Energy est chargé de la traduction chinois-anglais-français.

  "M. Li est le premier professeur à nous apprendre la langue en chantant. Cette méthode est très bonne : chaque fois que j'oublie les mots, je m'en souviens immédiatement avec la chanson", souligne celui qui a remporté en juillet dernier le 20e championnat de la division tchadienne du concours chinois à l'intention des étudiants étrangers nommé "Chinese Bridge".

  Laurent Fabius Doumbaye, 22 ans, camarade de classe de M. Allaramadji et stagiaire en marketing à Huawei, pense que l'apprentissage du chinois à travers des chansons permet aux débutants de progresser rapidement.

  "La méthode chantante d'enseignement est inédite. Monsieur le professeur Li a non seulement amélioré les résultats scolaires des étudiants, mais est aussi arrivé à faire connaître et aimer le chinois et la culture chinoise à un plus grand nombre de Tchadiens", se félicite Mahamat Saleh Daoussa Haggar, directeur de l'Université de N'Djamena.

  Fu Zihao, un responsable de l'ambassade de Chine au Tchad, a déclaré que la réforme de la pédagogie du chinois par Li Liang résidait dans l'idée que l'éducation du chinois dans des pays différents et les échanges culturels entre la Chine et l'étranger devaient s'adapter aux caractéristiques et à l'acceptation des apprenants.

  Le mandat de Li Liang s'est terminé le 30 septembre, mais selon lui, les recherches sur l'enseignement en chantant devraient se poursuivre. "A l'avenir, je dois renforcer l'étude de la musique et exploiter davantage de matériaux de musique traditionnelle chinoise dans lesquelles je puise l'inspiration pour l'enseignement et la création", a-t-il prévu.

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