Le Magazine « Jeune Afrique » revient sur la coopération sino-africaine

Source:french.cri.cn 2019-08-29

  Difficile de rester insensible à l’actuelle dynamique de la coopération Chine-Afrique. Dans le numéro du 28 juillet au 3 août 2019 de «Jeune Afrique», un hebdomadaire panafricain connu pour la qualité et la profondeur de ses informations, une partie importante est consacrée au décryptage de cette coopération qui ne cesse de marquer les points. Ce Magazine a titré à sa Une: «Chine-Afrique, gagnant-gagnant?». Fondé en 1960 à Tunis, «Jeune Afrique» est un hebdomadaire de référence sur le continent africain.

  D’après ce spécial, les relations, déjà quasi fraternelles, entre la Chine, le premier pays en développement et l’Afrique, le continent qui compte le plus de pays en développement au monde, ne cessent de se réchauffer. Ce spécial évoque par ailleurs que la Chine n’a aucune prétention hégémonique, mais qu’elle est plutôt prête à adopter le concept de gouvernance planétaire.

  

  L’origine lointaine des relations sino-africaines et sa tendance à se réchauffer

  Dans l’article «Cet ami qui vous veut du bien…» signé par Olivier Caslin, envoyé spécial de «Jeune Afrique» à Beijing, ce journaliste aborde son papier d’un point de vue rétrospectif sur les relations sino-africaines. «Si les sept voyages maritimes vers l’Occident réalisés par l’explorateur Zheng He, au début du XVe siècle, confirment l’ancienneté des relations entre la Chine et l’Afrique, les dernières décennies en soulignent la profondeur "dans le respect et l’intérêt mutuels", selon la ligne définie par le Premier ministre Zhou Enlai. » «Dès 1956, les premiers accords d’aide sont signés avec l’Egypte, également premier pays du continent à établir des relations diplomatiques avec Pékin.» « Dès les années 1950, Pékin et la jeune Afrique indépendante se découvrent une communauté de destin.»

  «A partir de 1995, forte de son développement économique à marche forcée, la Chine met en place les mécanismes de soutien aux échanges commerciaux et à l’implantation de firmes chinoises en Afrique. En 2000, l’organisation du premier Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC)accélère encore le processus de rapprochement. Les échanges commerciaux explosent pour atteindre 73,5 milliards de dollars en 2007, contre moins de 6 milliards dix ans plus tôt. Toujours en 2007, l’Afrique devient la troisième destination mondiale des investissements chinois et le deuxième fournisseur en hydrocarbures de Pékin.» Il est bon de rappeler que c’est depuis dix ans que la Chine est en première position des partenaires commerciaux du continent africain.

  Plus proche de nous, en juin dernier, à l’occasion de la Réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC), Amadou Ba, ministre sénégalais des Affaires étrangères, rappelait déjà aux médias locaux ce qu’il appelait «la vérité des chiffres». C’est ce qu’a dévoilé ce spécial, en précisant: «10 000 km de routes, 6 000 km de voies ferrées, 30 ports, 20 aéroports et 80 centrales électriques ont été réalisés, au cours de la dernière décennie, par des firmes chinoises à travers le continent. » «Sans oublier les 150 projets de stades, centres de conférences et autres sièges de Parlement que le chef de la diplomatie sénégalaise n’a pas mentionnés.»

  Comme l’a indiqué M. Caslin dans l’article «Tandem gagnant», apparu aussi dans ce même spécial,en citant l’avis de Zhang Jianping, chercheur auprès du Ministère chinois du Commerce, «elles (les PME chinoises) constituent un premier maillon essentiel dans l’industrialisation du continent».

  Pour l’heure, la coopération sino-africaine est dans une bonne dynamique et se déploie à différents niveaux dans des vastes domaines. D’après ce spécial de «Jeune Afrique», le Groupe chinois StarTimes a facilité l’accès à la télévision notamment en Afrique. «Les bouquets proposés jusqu’alors étaient trop chers, nous avons donc décidé de démocratiser la télévision numérique sur le continent», explique Guo Ziqi, la vice-présidente du groupe, dont les trois quarts des 4 000 employés sont installés en Afrique. «C’est également dans le cadre du FOCAC que StarTimes participe au projet "Accès à la TV satellite pour 10 000 villages africains", destinée à réduire la fracture numérique dans les zones rurales de 25 pays subsahariens.»

  Un développement partagé auquel aspire la Chine

  Dans ce spécial, on peut lire les propos de Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, prononcés lors de la cérémonie d’ouverture de la Réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine. Le chef de la diplomatie chinoise avait prononcé ce discours, le 25 juin dernier, à Beijing, devant 53 ministres africains. «Depuis quelque temps, des puissances extérieures tentent de diffamer et de saper la coopération sino-africaine, en propageant des accusations de néocolonialisme et de réendettement [des pays en développement] sans aucun fondement et rejetées par les populations africaines.» Ici, le réendettement signifie plutôt le piège de la dette.

  «La Chine n’a aucune prétention hégémonique. Au contraire, elle est prête à adopter le concept de gouvernance planétaire», a affirmé Chen Xiaodong, ministre assistant des Affaires étrangères, chargé des affaires d’Asie de l’Ouest, d’Afrique du Nord, et des affaires africaines, qui a accordé une interview exclusive à «Jeune Afrique» pour ce spécial. Selon lui, «cette coopération (sino-africaine) n’est pas fermée aux autres. Au contraire, elle se veut inclusive. Nous souhaitons travailler avec la France, le Royaume-Uni et les autres partenaires traditionnels de l’Afrique pour promouvoir une coopération tripartite, capable de favoriser les synergies au service du développement du continent ».

  Il a, d’ailleurs sur ce point précis, rappelé que : «Le président Xi Jinping a avancé une série de concepts et d’initiatives reflétant l’esprit chinois pour répondre aux défis de cette époque. Dans cette nouvelle ère, la diplomatie chinoise a pour objectif de promouvoir deux "constructions". Celle d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant, en traçant de nouvelles voies d’échanges entre les Etats. Et celle d’une communauté de destin, pour bâtir un monde de paix et de prospérité partagée.»

  D’après Chen Xiaodong, l’initiative "la Ceinture et la Route", lancée en 2013, autrement appelée "les nouvelles routes de la soie" ou "la Belt and Road Initiative (BRI)" par les médias occidentaux et africains,a pour objectif de «promouvoir la coopération économique internationale, de mettre en place une plateforme de coopération, basée sur les principes "de consultations amples, de contributions conjointes et de bénéfices partagés", comme l’a proposé le président Xi Jinping. Enfin, de favoriser la coordination politique, la connexion des infrastructures, l’essor du commerce, la coopération financière et la compréhension entre les peuples. Plus de 160 pays et organisations nationales ont signé une convention avec la Chine et un nombre de projets importants ont déjà été lancés».

  Quelle place l’Afrique occupe-t-elle dansl’initiative"la Ceinture et la Route" ? Chen Xiaodong pense que «la coopération sino-africaine est encore plus fructueuse grâce à la BRI». «43 pays africains, ainsi que la Commission de l’UA ont signé des accords de coopération dans le cadre de cette initiative. Et, là encore, d’importants projets ont été mis en œuvre, apportant des bénéfices tangibles aux populations. La Chine veut identifier les moyens susceptibles de valoriser au mieux cette coopération pour les pays africains, tout en promouvant une complète synergie avec l’Agenda 2063 et les stratégies nationales de développement propres à chaque pays. »

  A en croire un cadre de l’OCDE cité par Jeune Afrique, « l’Occident accepte difficilement de voir Pékin débarquer dans la cour des grandes puissances qui influent sur la mondialisation en marche». A une question sur la position de la Chine face aux frictions commerciales sino-américaines, Chen Xiaodong répond: «La coopération économique et commerciale entre la Chine et les Etats-Unis est avantageuse pour tout le monde. Deux des plus grandes économies du monde ne peuvent régler leurs divergences sans consultations menées sur un pied d’égalité. Lors de leur rencontre au Sommet du G20 à Osaka, les présidents Xi Jinping et Donald Trump se sont mis d’accord pour relancer les consultations économiques et commerciales entre les deux pays afin de trouver une solution acceptable aux deux parties, à travers le dialogue.» M. Chen souligne que «la coopération et le dialogue sont mille fois préférables à la confrontation».

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